Extraits du livre

 

VICTIMES DU DEVOIR

Les policiers français morts en service

Synopsis de l'ouvrage

 Depuis 1804 (date officielle du premier policier tué en service) à nos jours, plus d'un millier de policiers français ont trouvé la mort dans l'exercice de leurs fonctions. Attentats, incendies, accidents de circulation ou décès en opération, les causes sont multiples. Le lecteur découvrira avec étonnement les situations inhabituelles auxquelles sont parfois confrontés les policiers de terrain et la mince frontière qui les séparent de la mort, de leur mort. De l'adjoint de sécurité au commissaire en passant par les « auxiliaires de police », ce sont plus de trois cents récits concernant des hommes et des femmes que rien de prédisposaient à entrer dans l'histoire, qui voulaient simplement accomplir leur devoir.

Il aura fallu beaucoup de persévérance et de ténacité à l'auteur pour mener à bien ses recherches. Le sujet est délicat à traiter et les informations disponibles sont rares. Mais après plusieurs années d'un travail acharné, il nous livre enfin le résultat de son étude sur les circonstances dans lesquelles les policiers ont payés de leur vie la protection des personnes et des biens. Loin d'être un catalogue morbide ou un mode d'emploi pour criminels en lutte contre la société et ses représentants, c'est surtout une réflexion sur les risques professionnels dans la police et sur l'importance de la prise en charge dans le processus de deuil pour ceux qui restent.

Voici un livre en hommage à tous les policiers disparus. Un livre de mémoire pour toutes celles et tous ceux qui ont perdu un être cher, un mari, une femme, un fils, une fille ou un collègue, mort en service, victime du devoir.

Sommaire

 

Préface 15

Avant-propos 17

Introduction 19

Une brève histoire de la police 29

Les victimes du devoir 45

Conclusion 302

Postface 315

Annexes 324

Index des victimes du devoir 335

Liste chronologique des victimes du devoir 349

Bibliographie sélective 361

Sitographie 367

Table des matières 369 

Introduction

 

  Extrait :

Le 10 mars 1804, l'inspecteur de police Étienne BUFFET tombe au carrefour de l'Odéon, en plein Paris, sous les balles d’un individu recherché pour des menées subversives. C’est le premier policier tué en service officiellement reconnu et considéré, à ce titre, comme « victime du devoir ». Il y en avait eu d'autres avant mais ce statut n'existait pas.1Deux siècles plus tard, ce sont plus d’un millier de policiers qui ont trouvé la mort dans des circonstances diverses. Que ce soit lors d'opérations de police, pendant les entraînements ou dans des accidents de la circulation, ils ont payés un lourd tribu en exerçant leur métier coûte que coûte afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens.

[...]

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1 - Dans son Histoire de la Police, Marcel Le Clere signale « un commissaire de police est tué en mai 1709 pendant les émeutes contre la faim. » Le 20 avril 1720 on note que : « Les émeutes font une dizaine de morts dans les rangs de la police ». Enfin Louis Dominique Bourguignon dit « Cartouche » aurait été mis en cause dans le meurtre de quatre personnes dont un exempt de police. Il y en eu sûrement d'autres...


[...]

 

Extrait

 

10 février 1921

BINET Jean-Baptiste

 

Vers 16h45, la Police Judiciaire est avisée qu’un individu s’est réfugié chez sa femme, dans un pavillon Avenue du Pont Saint Denis à GENNEVILLIERS et qu’il retient ses enfants en les menaçant avec une arme de poing. Une dizaine de policiers sous les ordres de l’inspecteur principal NICOLLE se rendent immédiatement sur les lieux. Sur place, ils constatent que le nommé BACQUET tient sa plus jeune fille dans ses bras et que ses trois autres enfants sont serrés autour de lui. Les brigadiers DIDIER et BINET décident de pénétrer dans les lieux et de tenter d’établir un dialogue afin de détourner son attention pour parvenir à le neutraliser. Après quelques banalités échangées, les policiers profitent d’un moment d’inattention pour sauter sur BACQUET et le renverser. Sa petite fille de 4 ans qu’il tenait fermement est libérée mais il est solide et il se ressaisit, empoigne son arme et tir sur les policiers. Le brigadier BINET s’écroule, touché au ventre. Ses collègues ripostent et neutralise définitivement le ravisseur.

Jean-Baptiste BINET, déjà blessé en 1908 dans une fusillade, décède des suites de ses blessures. Âgé de 39 ans, il était le père de deux enfants.

[...]


05 septembre 2010

DEBARGE Nicolas

 

Vers 05h30, un automobiliste percute un véhicule en stationnement sur les bords de Seine à Melun avant d'en accrocher un second qui vient en sens inverse, sans faire de blesser. Ses occupants se lancent à la poursuite du chauffard qui se jète à l'eau pour leur échapper. Les policiers de la BAC arrivent sur les lieux et constatent que l'individu semble en difficulté. Un des gardiens de la paix, sportif accompli et Sapeur-Pompier volontaire dans la commune où il réside, se lance à son secours. Mais les courants sont forts et les deux hommes disparaissent dans les flots. Le corps sans vie de Nicolas DEBARGE sera repêché en milieu de journée par les plongeurs. Le corps de l'automobiliste n'a été retrouvé que le lendemain. Le Ministre de l'Intérieur a rendu un vibrant hommage à ce jeune policier, passionné par son métier et unanimement reconnu comme un excellent professionnel.

Nicolas DEBARGE avait 25 ans.

[...]

Conclusion

 

 

Extrait 

 

Dans l’avant-propos de L’homme et la mort1, Edgar Morin fait remarquer : « Le mystère premier n’est pas la mort mais l’attitude de l’homme devant la mort… ». Effectivement, celle-ci est souvent volontairement occultée par la société en général et par les policiers en particulier. Pas tant à cause de la peur qu’elle suscite, qu’à cause de la culpabilité qu’elle nous fait ressentir quand un proche nous quitte. « La personne en deuil se reproche de ne pas avoir assez aimé ou protégé celui qui est parti, tout en lui en voulant de l’avoir abandonné » écrit Isabelle TAUBE. « Permettre la mise en mots de cette culpabilité, empêche qu’elle ne soit niée, minimisée2 ». Ce qu’Egdar Morin confirme en ces termes : « Je crois que cesser d’occulter la mort implique, non pas qu’on se réconcilie avec elle mais qu’on dialogue avec. »3

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1 - Morin Edgar, L’homme et la mort, Éditions du Seuil, Paris 1976.

2- Taubes Isabelle, « Peur de la mort… ou peur de mourir ? », Psychologie Magazine n°169, Novembre 1998, p.60.

3 - Taubes Isabelle, entretien avec Edgar Morin, « Pour vivre, il faut risquer sa vie », Psychologie Magazine, n°169, Novembre 1998

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Les Editions du Prévôt